Exhibitions

Duo show
w/Claudio Parmiggiani

“Our Melancholia”

"Our Melancholia"
Plaster, residues of clay, rubber, oak wood, gouache
H280 x L320 x W45 cm, for each mold closed H28 x L42 x W32 cm, 2017
Production Céramica SURO and Ladera Oeste (Guadalajara, MEX)

The library collects molds made in plaster of nineteen letters and two punctuations which allowed us to materialize in clay a poem in four verses by Fernando Pessoa. This poem excerpted from " other poems " evokes the impossibility to belong to an earth, the feeling of a political and melancholic exile. A subtraction of the man from the reality. Pessoa signs then under a heteronym: Alberto Caeiro, a fictitious author.

Molds appear as the possibility for these verses to exist, and for any poetry to exist. The word here is shown in what contains it. In the fragile frame, the mold, which I have tried to protect since the plaster being mineralized, became brittle, broke, and has fossilized, the wax prostheses come to support this possibility of the speech to be born and to emancipate itself by its own appearance. These molds are at the same time the possible proliferation of the word while alarming us on its absence or its potentiel disappearance. Becoming fossils of letters, they are a sculptural genealogy of the word. Word which was lacking and is still lacking for the exiled identity.

Finally our melancholy has also a color, the bleu, the blue of the sky, a light, the blue of our dreams. The library hides then these moments of breath where the look stops and can marvel on nuances of blue, a window. The wood of oak is here harvested from our French forests.

Thu Van Tran, october 2017.
Project shown w/ Meessen De Clercq.

"They spoke to me of people, and of humanity.
But I've never seen people, or humanity.
I've seen various people, astonishingly dissimilar,
Each separated from the next by an unpeopled space."
Alberto Caeiro.

"Notre Mélancolie"
Plâtre, résidu de terre, caoutchouc, bois, peinture gouache
H280 x L320 x l45 cm, chaque moule fermé H28 x L42 x l32 cm, 2017
Une production par Céramica SURO et Ladera Oeste ( Guadalajara, MEX )

La bibliothèque rassemble les moules en plâtre de dix-neuf lettres et deux ponctuations qui ont permis de matérialiser en terre un poème en quatre vers de Fernando Pessoa. Ce poème tiré du recueil "Autres poèmes" évoque l'impossibilité à appartenir à une terre, le sentiment d'un exil politique et mélancolique. Une soustraction de l'homme à la réalité. Pessoa signe alors d'un hétéronyme, Alberto Caeiro, un auteur fictif.

Les moules se présentent comme la possibilité pour ces vers d'exister, et de toute poésie à exister. La parole ici est montrée dans ce qui la contient. Dans l'écrin fragile, du moule, que j'ai tenté de préserver car le plâtre s'est minéralisé, devenu friable, il s'est brisé, fossilisé, les prothèses en cire viennent supporter cette possibilité de la langue à naitre et à s'émanciper par sa propre apparition. Ces moules sont à la fois la prolifération possible du mot tout en nous alarmant sur son absence ou sa disparition possible. Devenus fossiles de lettres, ils sont une généalogie sculpturale de la parole. Parole qui a manqué et manque encore à l'identité exilée.

Enfin notre mélancolie a une couleur, celle du bleu, le bleu du ciel, une lueur, le bleu de notre rêverie. La bibliothèque cache alors ces moments de respiration où le regard s'arrête sur des nuances de bleu et de songes. Le bois lui est du chêne qui provient de nos forêts françaises.

Thu Van Tran, octobre 2017.
Projet présenté avec Meessen De Clercq.

"On m'a parlé de peuples et d'humanité.
Mais je n'ai jamais vu de peuples ni d'humanité.
J'ai vu toutes sortes de gens, étonnamment dissemblables.
Chacun séparé de l'autre par un espace dépeuplé."
Alberto Caeiro.