Thu-Van Tran

Artist Practice


Marcel Duchamp Prize — 2018

@ Centre Pompidou

During the set up at Pompidou for the Marcel Duchamp Prize, Sept 2018.
We apply here the forth color of the fresco named Colours of grey. Everything is in the gesture and the balance.


w/ Franz West — 2018

@ Gallery Seroussi

show and download


Updated portfolio — 2018

show and download


Manipulate the World — 2017

@ Moderna Museet


Livre Libre — 2009

Always good to look back on what we have done.
The run, empty letters for full meaning words. Sculpture by plaster, 42 x 30 x 6 cm


Penetrable @ Arsenale — 2017

Stephanie Lefebvre is catching the instant of the imprint. Copyright L'Équipée.
Penetrable shown at the 57th International Exhibition of the Venice Biennale
« Viva Arte Viva », curated by Christine Macel, in 2017.


The perfection of a Stain

A portrait by Pierre Limpens, reporting Thu Van Tran's universe and practice
dedicated to the Artists Practices section shown at the 57th International Exhibition of the Venice Biennale « Viva Arte Viva », curated by Christine Macel, in 2017.


Red Rubber / Studio Nogent Wax — 2017


Paris studio view — 2016


Poeple @ Ceramica Suro / Guadalajara — 2016

A Fernando Pessoa poem materialized by clay, working with Ceramica Suro and Ladera Oeste at Guadalajara (Mex), on letters molds and casts.


Saveur Aigre-Douce

Extract of the interview on Thu Van Tran's experience thought rubber plantations in Vietnam and Brazil. Made by the Master in Curatorial Practice of Rennes 2 University 2015, led by Elvan Zabunyan.

MA2: Tes œuvres mettent en perspective certains aspects de l’histoire coloniale. Tu as d’ailleurs travaillé plusieurs fois avec le bois d’hévéa. Quelle est l’origine de tes recherches sur le caoutchouc qui, comme tu le dis, fait écho aux cicatrices laissées par la colonisation. Est-ce que ton travail peut se lire comme une tentative d’appréhender et de mieux comprendre cette histoire?

TVT: C'est une manière de témoigner en tout cas. Mes recherches sur l’hévéa se dédient à une forme de mémoire coloniale; elles mettent en exergue la manière avec laquelle certains lieux aujourd’hui continuent d’incarner cette histoire et en demeurent prisonniers. Le danger serait de vouer ce travail exclusivement au passé, alors qu’il est nourri par le présent. Si mon travail est d’abord un témoignage, il est également une expérience : celle de la forme et du regard. L’Histoire est empreinte de contaminations et ces dernières transparaissent dans des éléments concrets, et vivants dont les végétaux. Les plantes révèlent les mutations subies par un pays, et le parcours de l’hévéa (de son exploitation à son commerce) montre l'occupation coloniale des continents africain, sud-américain et asiatique. Cependant, raconter cette épopée de manière littérale serait pompeux. Si mes points de départ sont historiques, les formes que je recherche devront se libérer et être autonomes. Mon travail porte autant sur une réception esthétique que sur l'ancrage historique ou archéologique vers lesquels mes intérets et mes effects se sont portés. Il est important que la sensibilité et la subjectivité de chacun percent les œuvres.

MA2: Tu parles souvent d’«espace métaphorique». Est-ce que les matériaux constituent pour toi un langage poétique?

TVT: Je pense qu’il est important de saisir les métaphores et de créer des jeux de langage grâce auxquels chacun se retrouve libre dans la pensée. La métaphore appartient à la poésie, c’est un paysage en soi. Nous pensons certes, mais nous pensons avec les yeux, avec les sens. Pessoa écrit: «Je suis un gardeur de troupeaux./Le troupeau ce sont mes pensées/et mes pensées sont toutes des sensations./Je pense avec les yeux et avec les oreilles/et avec les mains et avec les pieds/et avec le nez et avec la bouche.»


Les carnets de la création — 2014

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